Activité 1. Il était une fois deux histoires de femmes

Activité 1. Il était une fois deux histoires de femmes

Activité 1. Il était une fois deux histoires de femmes 180 240 Leolenguas Universidad de Oviedo

ACTIVITÉ 1.

Il était une fois deux histoires de femmes
Auteur de l’activité : Vicente E. Montes Nogales

INTRODUCTION

Par le biais de la littérature africaine écrite en français nous pouvons apprendre cette langue et même découvrir et aborder des cultures très différentes. Pour enseigner les langues étrangères, toute didactique se servant des textes littéraires s’avère très utile car elle complète la formation des étudiants. Les textes que nous vous présentons peuvent être considérés comme des héritiers des romans coloniaux mais aussi des récits oraux africains, transmis par les conteurs et griots de génération en génération.

  • EXPRESSION ORALE

    Répondez oralement aux questions suivantes :

    • Quelle est l’image de l’Afrique propagée par les médias occidentaux ?
    • Croyez-vous qu’on ne parle de l’Afrique dans les médias que lorsqu’il s’agit de mauvaises nouvelles ?
    • Décrivez la photo présentée. La femme, que porte-t-elle sur la tête ? Semble-t-elle contente ?
    • Croyez-vous que l’activité visualisée fasse partie des activités quotidiennes des femmes africaines ?
    • Quelles sont les activités courantes réalisées par les femmes africaines en ville et à la campagne ?
    • Que pensez-vous de la polygamie ?
    • Avez-vous lu des romans africains ?
    • Croyez-vous que les diverses littératures africaines montrent une réalité socioculturelle différente de celle suggérée par les écrivains européens ?

1er texte
Sogolon, l’une des femmes du roi, attend un fils, celui qui, d’après la prophétie, couvrirait de gloire le Manding. Cette grossesse provoque la jalousie de sa coépouse.

Une femme s’habitue vite. Sogolon Kedjou se promenait maintenant sans gêne dans la grande enceinte du roi ; on s’habitue vite aussi à sa laideur. Mais la première femme du souverain, Sassouma Bérété, se révéla insupportable. Elle ne tenait plus en place ; elle souffrait de voir la laide Sogolon promener fièrement sa grossesse dans le palais : que deviendrait-elle si on déshéritait son fils qui avait déjà huit ans, au profit de l’enfant que Sogolon allait mettre au monde ! Toutes les attentions du roi étaient pour la future mère ; au retour des guerres il lui apportait la meilleure part du butin ; les beaux pagnes, les bijoux rares. Bientôt de sombres projets s’échafaudèrent dans l’esprit de Sassouma Bérété : elle voulait tuer Sogolon. En grand secret, elle fit venir auprès d’elle les plus grands sorciers du Manding, mais tous s’avouèrent incapables d’affronter Sogolon ; en effet, dès le crépuscule, trois hiboux venaient s’asseoir sur le toit de sa case et la veillaient. (Soundjata ou l’épopée mandingue, 2002 : 32)1

2ème texte
Sogolon devient la risée de toutes les femmes car son fils souffre d’une paralysie qui l’empêche de marcher. Un jour, elle reproche à son fils de l’humilier et celui-ci réagit en se levant et en faisant preuve d’une force colossale. Cet évènement éveille l’admiration de la population qui compare le comportement de Sogolon et de Sassouma.

Les paroles de Doua le jour du baptême revinrent à la mémoire des hommes, on entourait maintenant Sogolon de beaucoup de respect et dans les conversations on aimait opposer la modestie de Sogolon à l’orgueil et à la méchanceté de Sassouma Bérété : c’était parce que la première avait été une femme et une mère exemplaires que Dieu avait rendu la force aux jambes de son fils, car disait-on, plus une femme aime son mari, plus elle le respecte, plus elle souffre pour son enfant, plus celui-ci sera valeureux un jour. Chacun est le fils de sa mère : l’enfant ne vaut que ce que vaut sa mère. Il n’était point étonnant que le roi Dankaran Touman fût si terne, sa mère jamais n’avait manifesté le moindre respect à son mari, elle n’avait jamais, devant le feu roi, l’humilité que doit avoir toute femme devant son mari : on rappelait ses scènes de jalousie, les propos méchants qu’elle faisait circuler sur le compte de sa coépouse et de son enfant. (Soundjata ou l’épopée mandingue, 2002 : 47-48)

3ème texte
Bougna est la nouvelle épouse de Wagane et reçoit toutes les attentions de son mari. Pourtant le bonheur de Bougna n’est pas complet car elle doit partager la maison avec sa coépouse, la première épouse, considérée comme une vraie rivale.

Soucieuse de sa paix intérieure et du bien-être de ses enfants, elle [la première épouse] évitait les querelles, laissant à l’autre l’illusion d’une victoire. Son naturel silencieux était une coque sur laquelle venaient ricocher inutilement les flèches de Bougna. Lorsque cette dernière était fatiguée de lancer des attaques infructueuses, elle se disait qu’elle n’avait décidément pas de vraie rivale ; cela la rassurait et mettait une trêve à ses provocations. Pendant ces périodes-là, souveraine sur son trône de jeune épouse, Bougna savourait l’attention de son mari, qui la traitait comme s’il n’avait jamais aimé personne avant elle. Wagane négligeait ouvertement sa première épouse, Bougna profitait sans aucun scrupule de son régime de faveur, prenant chaque injustice de son homme pour une preuve d’amour. À l’époque, elle ignorait que son tour viendrait. Adulée et folle d’amour, il ne lui fallut pas plus de dix ans pour aligner six enfants devant celui qu’elle voulait pour elle toute seule. Des enfants qui grandissaient maintenant à ses côtés, sans aucune perspective. (Celles qui attendent, 2010 : 50)2

4ème texte

Koromâk, le despote mari d’Arame, souffre d’arthrose et doit passer ses journées au lit car elle a besoin de l’assistance de son épouse pour se déplacer. Sa femme s’occupe patiemment de lui et de toute sa famille en supportant fréquemment la mauvaise humeur et les insultes de son époux.
L’entourage louait la patience d’Arame, elle n’en avait que faire. Elle était là, parce qu’elle ne pouvait agir autrement. Elle ne cherchait plus à lutter contre son mauvais destin. Tenir, ne jamais s’écrouler, c’était son unique souhait. Elle ne demandait plus rien au ciel, même pas la mort de son tortionnaire. Rêver d’une telle délivrance l’écrasait de culpabilité, quand elle avait déjà assez de poids sur les épaules. Supporter, son expérience l’avait persuadée que sa colonne vertébrale ne devait servir qu’à cela. (Celles qui attendent, 2010 : 35)


1Niane, Djibril Tamsir [1960] (2002). Soundjata ou l’épopée mandingue. Paris : Présence africaine.
2Diome, Fatou (2010). Celles qui attendent. Paris : Flammarion.


  • EXPRESSION ÉCRITE

    Certains africains croient que la polygamie a des avantages. Êtes-vous d’accord avec leurs opinions exprimées ci-dessous ? Pourquoi ?

    a) Je pense que l’avantage est de connaître la menace, l’autre femme.
    b) Ma tante dit que grâce à la polygamie elle peut avoir du temps à elle et n’a pas toujours son mari collé à ses baskets.
    c) Si l’homme divorce, il séparera sa femme de ses enfants. Ce problème ne peut donc se résoudre que par la polygamie.
    d) La polygamie évite l’adultère car l’homme assouvit ses besoins de manière licite.
    e) Cela permet d’entretenir un nombre important de femmes et de subvenir à leurs besoins matériels et à leur logement ; cela permet aussi d’avoir beaucoup d’enfants et une descendance nombreuse.
    f) La polygamie opprime la femme, entend-on dire souvent, mais dans la monogamie tout irait-il donc très bien ?

  • VOCABULAIRE

    • Remplacez le verbe « échafauder » par un autre dans la phrase suivante :

    Bientôt de sombres projets s’échafaudèrent dans l’esprit de Sassouma Bérété
    Bientôt de sombres projets ……………….. dans l’esprit de Sassouma Bérété

    • Indiquez sept objets qui puissent faire part du butin du roi :

    • Indiquez sept qualités de Sogolon qui s’opposent à sept défauts de Sassouma :

    Sogolon

    Sassouma

    • Indiquez les propos méchants que Sassouma Bérété pourrait faire circuler sur le compte de sa coépouse:

  • COMPRÉHENSION ORALE

    La polygamie en France, même si elle est illégale, concerne certaines familles. Voici un bref témoignage. Cliquez sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=eV0q-PS4v5I

    Après avoir vu la vidéo, répondez aux questions :

    Combien de familles pratiquent la polygamie en France ?
    Cette pratique, est-elle légale ?
    Quelle est la revendication de Dadou ? Kadiatou, que voudrait-elle avoir ?

  • Nous vous proposons maintenant d’écouter la belle histoire de Soundjata Keïta. Remarquez l’accent du narrateur que diffère des autres accents francophones. Cliquez sur ce lien :
    https://www.youtube.com/watch?v=BmovFUbrvP4

    La belle musique que vous entendrez provient de la kora, un instrument à cordes très répandu en Afrique occidentale.

    Cliquez sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=BmovFUbrvP4

    Si vous avez du temps libre et vous êtes intéressé par la culture africaine nous vous invitons à voir Keïta, l’héritage du griot, un excellent film du burkinabé Dani Kouyaté, qui raconte l’histoire de Soundjata et montre les problèmes que la modernité pose à la tradition africaine. Attention ! Une grande partie du fil est sous-titré en français. Cliquez sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=WeqGVREBZKQ

Proyecto de investigación de la Universidad de Oviedo (2019/00026009)
“Educación literaria: textos en lenguas extranjeras para fines específicos”

Proyecto de innovación docente de la Universidad de
Oviedo(CPINN-19-A-025- 2019):
“Tareas colaborativas en torno a textos literarios en lenguas extranjeras para fines específicos: opinar y argumentar”

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